Anthropic renforce les garde-fous de Claude Opus 5.5 après la diffusion en ligne de plusieurs jeux vidéo recréés avec l’aide d’agents d’intelligence artificielle. D’après Clubic, l’assistant de programmation refuse désormais certaines demandes visant à reproduire des titres connus, notamment Fallout ou GTA V, même sous une autre appellation.
Des recréations très proches des jeux originaux
La décision intervient après plusieurs expérimentations menées par des amateurs. Chris First a notamment expliqué sur X avoir demandé à Claude Opus 5.5 et à une équipe d’agents IA de refaire Fallout dans une version située à New York. Le projet, baptisé Fallout New York, était jouable depuis un navigateur et reprenait des éléments caractéristiques de la série de Bethesda, avec des quêtes, des dialogues à choix et un Pip-Boy. Le jeu comportait 117 lieux et 112 personnages.
« recréer Fallout, à New York »
Cette formulation correspond à la demande rapportée par Clubic. Le projet n’est toutefois pas resté longtemps accessible. ZeniMax, la maison mère de Bethesda, a envoyé une mise en demeure concernant l’utilisation de la marque Fallout et du nom de domaine fallout.nyc. Le jeu a ensuite disparu du Web, sans que le contenu de la mise en demeure soit détaillé dans les éléments rapportés.
GTA V, Halo et Call of Duty également concernés
Le cas de Fallout n’est pas isolé. Des joueurs ont aussi mis en ligne une version de GTA V jouable dans un navigateur. Le site téléchargeait environ 700 Mo de données au lancement, avant de fermer quelques heures plus tard. D’autres projets de fans ont porté sur le premier Halo et sur Call of Duty Modern Warfare 2.
Selon Clubic, ces copies sont produites à partir du fichier exécutable du jeu. Des agents IA prennent en charge une opération de décompilation, puis confrontent leur résultat au programme original, octet par octet, afin d’obtenir une reproduction aussi fidèle que possible. Le processus peut donc permettre à des utilisateurs de reconstruire une partie du fonctionnement d’un titre commercial sans disposer de son code source.
- Fallout New York : un jeu jouable dans un navigateur, retiré après l’intervention de ZeniMax.
- GTA V : une version en ligne ayant nécessité environ 700 Mo de téléchargement au démarrage.
- Halo et Call of Duty Modern Warfare 2 : d’autres jeux recréés et publiés par des fans avec l’aide de l’IA.
Anthropic face à un risque juridique croissant
Anthropic a ajouté deux phrases aux instructions de Claude Opus 5.5 afin de limiter ce type de demande. La formulation exacte de ces nouvelles consignes n’est pas fournie par Clubic, pas plus que la liste complète des œuvres concernées. Il ne s’agit donc pas d’un blocage général de la création de jeux avec Claude, mais d’une restriction visant la reproduction de jeux existants et identifiables.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte juridique déjà défavorable à Anthropic. L’entreprise a conclu un accord de 1,5 milliard de dollars avec des auteurs dont les livres piratés avaient servi à entraîner Claude. Par ailleurs, les héritiers d’Elvis Presley la poursuivent pour violation du droit d’auteur. Ces procédures ne portent pas sur les recréations de jeux décrites ici, mais elles illustrent les difficultés auxquelles les entreprises d’IA sont confrontées lorsqu’elles entraînent leurs modèles ou permettent de produire des contenus proches d’œuvres protégées.
Pour les utilisateurs, la modification signifie que Claude peut désormais interrompre une demande avant même la génération d’un prototype lorsque celle-ci vise explicitement à refaire un jeu connu. La limite reste toutefois difficile à décrire précisément : Anthropic n’a pas, dans les informations rapportées, publié la liste des titres ou des situations concernés. Le cas montre surtout que les agents capables de programmer des projets complets ne se heurtent plus seulement à des contraintes techniques, mais aussi aux règles liées aux marques et au droit d’auteur.