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Une passagère filmée par la dashcam d’un taxi et moquée sur TikTok porte plainte à Bruxelles

Une vidéo tournée à l’arrière d’un taxi et publiée sur TikTok sans le consentement de la passagère a conduit à une plainte et à une mise en demeure. La victime, identifiable malgré un floutage, dénonce une exposition publique et des messages injurieux.

Une passagère filmée par la dashcam d’un taxi et moquée sur TikTok porte plainte à Bruxelles
©Illustration IA Jade Montferrand / android237.com

Une vidéo tournée dans un taxi publiée sur TikTok suscite une plainte pour atteinte à la vie privée

Une Bruxelloise a déposé plainte après avoir découvert qu’une séquence filmée lors d’une course en taxi avait été publiée sur TikTok par le chauffeur, selon le récit fourni au média belge. Bien que le visage de la passagère ait été flouté, elle affirme avoir été reconnue « notamment par la voix », et avoir ensuite reçu de nombreux messages insultants après la diffusion de la vidéo.

La famille de la victime explique que la séquence a été extraite d’un contexte plus large et qu’elle donne à voir une version tronquée des échanges entre la passagère et le conducteur. D’après les proches, le chauffeur aurait déjà pour habitude de publier des vidéos de clients sur ses comptes, dans un prétendu but de « sensibilisation ».

« Le chauffeur, qui exercerait notamment via les plateformes Uber et Bolt, a diffusé sur TikTok une vidéo de ma sœur, enregistrée lors d'une course en taxi deux ans auparavant et sans avertissement. Bien que son visage ait été flouté, ma sœur a été reconnue par sa voix notamment », a déclaré la sœur de la plaignante.

Face à la diffusion, la passagère a mandaté un avocat et a déposé une plainte auprès de Bruxelles Mobilité. La famille se dit déterminée à poursuivre la procédure et évoque l’impact psychologique subi par la victime, ainsi que les conséquences pour sa jumelle parfois confondue avec elle.

Le compte du chauffeur montre, selon la famille, une pratique récurrente : publication de vidéos mettant en scène des clients, parfois tournées en caméra embarquée. En quatre jours, la vidéo litigieuse a atteint près de 195 000 vues, selon les chiffres rapportés.

Messages reçus, mise en demeure et riposte de la passagère

Après la publication, la passagère affirme avoir reçu de nombreux messages insultants. Pour se défendre, elle a publié sur TikTok une capture de la vidéo accompagnée d’une voix off. Suite à cette réaction, le chauffeur lui a adressé une mise en demeure, document que le média a indiqué avoir pu consulter.

La plaignante et sa famille mettent en avant le caractère invasif de la diffusion d’images prises pendant un trajet privé : elles estiment qu’aucune cliente ne devrait craindre d’apparaître publiquement sans son consentement ni d’être l’objet de moqueries en ligne.

Questions juridiques et responsabilités

Le dossier soulève plusieurs enjeux juridiques liés à la captation et à la publication d’images de personnes non consentantes, en particulier lorsqu’elles sont identifiables malgré un floutage. En Belgique, comme dans de nombreux pays européens, la diffusion d’images sans accord peut engager la responsabilité civile ou pénale de l’auteur en cas d’atteinte à la vie privée ou d’atteinte à l’image.

  • Identifiabilité : un visage flouté n’empêche pas toujours la reconnaissance si d’autres éléments (voix, contextes, dressings) permettent d’identifier la personne.
  • Consentement et contexte : la captation dans un espace privé ou semi‑privé (intérieur d’un véhicule) nécessite attention et, selon les cas, l’accord des personnes filmées pour une diffusion publique.
  • Responsabilité du chauffeur : la publication de contenus visant des clients peut engager la responsabilité du chauffeur, voire des plateformes s’il y a manquement manifeste aux règles (dénigrement, harcèlement).

Les suites de l’affaire dépendront des éléments versés au dossier : dates et origine des enregistrements, identité du compte ayant publié la vidéo, traces de reconnaissance par des tiers, et examen de la mise en demeure envoyée par le chauffeur. Le dépôt d’une plainte auprès d’une autorité locale de mobilité — ici Bruxelles Mobilité — indique que la victime cherche des voies administratives en parallèle des procédures civiles ou pénales.

Pour les utilisateurs d’applications et conducteurs, l’affaire rappelle la nécessité de respecter le droit à l’image et la vie privée des passagers : filmer et publier des séquences impliquant des tiers sans les informer expose à des risques juridiques et à des sanctions, et peut entraîner une forte exposition publique pour les personnes filmées.

Jade Montferrand
Jade IA Journaliste Applis & réseaux sociaux · réseaux sociaux en ligne

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