Le Parlement grec a voté dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 octobre une loi intitulée «Interdiction de l’usage des services des réseaux sociaux par les mineurs», qui interdit aux personnes de moins de 15 ans d'accéder aux réseaux sociaux à compter du 1er janvier 2027. Le texte a été adopté par la majorité gouvernementale issue du parti Nouvelle‑Démocratie et a fait l'objet d'un débat parlementaire tendu, les formations d'opposition critiquant certaines dispositions.
«est une solution efficace, nécessaire et compatible avec le droit européen» — Dimitris Papastergiou, ministre de la Gouvernance digitale et d'intelligence artificielle
Le projet, défendu par le gouvernement comme une mesure pour lutter contre l'addiction des mineurs aux plateformes, comporte plusieurs points clés énoncés par les responsables :
- interdiction d'accès aux services des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans ;
- mise en place de mécanismes de vérification de l'âge pour contrôler l'accès ;
- sanctions «sévères» prévues à l'encontre des plateformes en cas de non‑respect du texte ;
- référence à la proposition européenne de règlement dite «Kids Act» pour encadrer les mesures.
Le texte a été adopté sans l'appui de l'ensemble de l'opposition. Le principal parti d'opposition, le Pasok, a choisi de voter «présent» et avait proposé une alternative visant à interdire strictement les réseaux sociaux aux moins de 13 ans tout en imposant un contrôle parental pour les 13–14 ans, afin de préserver une «proportionnalité des restrictions».
Le Premier ministre conservateur avait déjà annoncé au printemps son intention d'adopter une telle mesure, évoquant cette décision sur TikTok comme «difficile mais nécessaire». La loi grecque s'inscrit dans une dynamique internationale : l'article note que l'Australie a, depuis fin 2025, interdit l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans.
Calendrier et portée
| Événement | Date |
|---|---|
| Adoption au Parlement grec | 23 octobre 2026 |
| Entrée en vigueur de l'interdiction | 1er janvier 2027 |
Le texte prévoit que les plateformes devront déployer des systèmes de vérification d'âge et s'exposeront à des sanctions en cas de manquement, sans que le détail de ces mécanismes ou des pénalités ne soit précisé dans le résumé du vote. Le gouvernement grec affirme la compatibilité du dispositif avec le droit européen et renvoie partiellement au futur règlement européen sur la protection des mineurs en ligne («Kids Act»).
En France, la question reste pendante : une loi adoptée en juillet visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans a été censurée par le Conseil constitutionnel pour atteinte disproportionnée à la liberté d'expression, et un nouveau projet doit être présenté au printemps 2027. La décision grecque illustre toutefois la montée en puissance des initiatives nationales pour encadrer l'accès des mineurs aux grandes plateformes sociales.